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23.04.2014

Le dépistage de l'hépatite B

Dr Viale Jérome - Laboratoire LCD - Ledru Rollin 

 

L'hépatite B est une infection virale touchant le foie et pouvant évoluer de manière aiguë ou chronique (sur le long terme). Ce virus peut se transmettre par le sang ou des sécrétions corporelles de tout sujet infecté, cette maladie rentrant notamment dans la catégorie des infections sexuellement transmissibles (IST).

Il est aujourd'hui possible de se protéger de ce virus grâce à une vaccination efficace disponible depuis 1982.

 

D'après les estimations l'InVS (Institut de Veille Sanitaire), 280 000 personnes de plus de 18 ans seraient infectées par le virus de l'Hépatite B (VHB), soit 0.65% de la population vivant en France. Cette pathologie est à l'origine de 1 500 décès par an dans notre pays (et d'environ 600 000 morts dans le monde selon le rapport de Juillet 2013 de l'Organisation Mondiale pour la Santé (OMS).

 

Dépister et Vacciner représentent donc des points importants de santé publique afin de prévenir et de suivre les personnes exposées aui VHB (et d'en réduire ainsi la mortalité et les maladies associées). Car malgré toutes les méthodes diagnostiques et prophylactiques à notre disposition, cette pathologie reste grave et mortelle.

 

Pourquoi dépister ?

L'hépatite B reste un problème majeur de santé publique en raison de la gravité de cette maladie potentiellement mortelle, et du nombre de patients contaminés qui n'ont pas connaissance de leur état et de leur contagiosité pour leur entourage.


En effet, très peu de personnes développent des symptômes lors de l'infection aiguë par le VHB. Le passage à la chronicité de cette affection peut par la suite aboutir à de nombreuses complications graves comme une cirrhose et un cancer du foie.

Malgré une augmentation constante du dépistage de l'infection par le VHB depuis le début du nouveau millénaire en France, le nombre de cas diagnostiqués est en perpétuelle diminution ce qui témoigne :


- d'un manque de ciblage des populations à risque ;
- d'une meilleure prévention par des mesures prophylactiques et la vaccination.

Pourtant, dépister les sujets à risque reste primordial face à cette maladie virale grave car elle permet :

  • d'identifier les personnes infectées par le VHB qui peuvent alors bénéficier d'un traitement et/ou un suivi particulier ;
  • de vacciner l'entourage (adultes et enfants) ;
  • de vacciner les partenaires sexuels des personnes susceptibles de transmettre le VHB de vacciner les personnes exposées au(x) malade(s) et non immunisées ;
  • de protéger l'enfant à naître d'une femme enceinte et contaminée par le VHB (AgHBs positif) par une sérovaccination à la naissance.
  • de prévenir un potentiel cancer du foie.

 

Quels sont les modes de transmission ?

La transmission peut se faire de manière précoce : il est ainsi possible que celle-ci se fasse de la mère à l'enfant au cours de la naissance, ou lors de contacts avec des personnes infectées lors de la petite enfance.


Il peut également se transmettre par l'intermédiaire du sang (transfusion, toxicomanie, tatouage...) ou par des rapports sexuels non protégés. 

 

Le virus est capable de survivre plusieurs jours à l'extérieur du corps humain, période au cours de laquelle celui-ci peut contaminer toute personne en contact et non protégé par le vaccin.

 

Le VHB ne se transmet pas par les aliments ou les eaux contaminées (à la différence par exemple des hépatites virales A et E).

 

La durée d'incubation de cette pathologie est de 70-80 jours (avec des variations entre individus allant de 30 à 180 jours) et le VHB peut être détecté entre 30 et 60 jours après la contamination.

 

Comment dépiste t-on ?

La recherche simultanée de 3 marqueurs biologiques spécifiques de l'hépatite B est à ce jour la meilleure méthode de dépistage.


Ceux-ci comprennent :

  • l'antigène HBs,
  • les anticorps anti-Antigène HBs,
  • les anticorps totaux anti-HBc.


En effet, ces analyses médicales permettent sur une seule prise de sang d'évaluer le statut immunitaire du patient vis-à-vis du VHB (infection en cours/ancienne ou une immunité faisant suite à une vaccination).

Dans le cadre du dépistage des Infections Sexuellement Transmissibles (IST), il est fortement recommandé d'associer sur cette même prise de sang (en plus de l'hépatite B), la recherche du VIH, Hépatite C et Syphilis

 

 

 

 

Marqueurs biologiques

Pour quelles personnes  ?

Pour quelles raisons  ?

 

 

 

Ag HBs + Ac anti-HBs + Ac anti-HBc totaux

 

 

 

Les personnes exposées au risque de contact avec le VHB

- Personnels de soins

- Personne résidant ou ayant vécu dans une zone d'endémie

- Bilan avant une vaccination (savoir si le patient est déjà ou correctement immunisé)

- Dépistage d'une hépatite B chronique

(Ag Hbs positif pendant plus de 6 mois)

 

Ac anti-HBs seuls

Personnes vaccinées

(pour des raisons professionnelles ou de formation)

Contrôler l'immunité post-vaccinale

 

Ag HBs

Femmes enceintes

(obligatoire pour toute grossesse, au 6ème mois)

Dans le but de sérovacciner le nouveau-né en salle de naissance si mère Ag Hbs +

Récapitulatifs des différents marqueurs sériques pour le dépistage de l'hépatite B

 

 

 

 

AgHBs

Ac anti-HBs*

Ac anti-HBc

Interprétation

Statut immunitaire

Vaccination

-

-

-

Absence de contact avec le VHB

Patient non immunisé

OUI

-

+

-

Immunisation par la vaccination

Patient immunisé

NON

-

+

+

Infection ancienne et guérie

Patient immunisé

NON

+

-

+

Infection virale en cours

Portage du virus

NON

-

-

+

Infection ancienne (avec perte des Ac anti-HBs)

Patient immunisé

NON

 

Interprétation des résultats sérologiques et indications pour l'intérêt d'une vaccination

 

 

 

Qu'apporte le vaccin ?

Le vaccin présente une efficacité attestée remarquable. Depuis sa production en 1982, il a été administré plus d'un milliard de doses à travers le monde ce qui a permis de faire chuter le nombre d'hépatite B et de cancer du foie dans les pays de zones d'endémies (Afrique subsaharienne, Asie du Sud-Est, Europe de l'Est, Amérique du Sud...).


Ainsi, dans certains pays où le pourcentage d'enfants atteints d'hépatite B chronique allait de 8 à 15%, les programmes de vaccination par l'OMS ont permis de faire chuter ce chiffre à moins de 1%

 

 

Quelle population doit se faire dépister ?


1. Les femmes enceintes : dépistage obligatoire (avec la toxoplasmose, la rubéole et la syphilis) au 6ème mois de grossesse, et ce quel que soit le risque encouru par la patiente.

 

2. Les patients de plus de 16 ans, non vacciné et à risque d'exposition :

  • dont une(des) personne(s) de l'entourage présente(nt) une infection active par le VHB ;
  • étant nés, ayant résidé ou étant amenés à vivre ou à voyager dans une zone d'endémie ;
  • ayant des partenaires sexuels multiples ;
  • ayant pour partenaire(s) sexuel(s) une personne étant ou ayant été infectée par le VHB ou une autre IST (VIH, Hépatite C, Gonococcie, Syphilis....) ;
  • devant subir une intervention chirurgicale ou une intervention médicale avec effraction cutanée ;
  • usagers de drogues par voie intraveineuse ou intranasale ;
  • étant susceptibles de recevoir des transfusions sanguines (hémophiles, dialysés, candidats à une greffe d'organe...) ;
  • séjournant ou ayant séjourné en milieu carcéral ;
  • étant adeptes de tatouages et/ou piercing (et autres pratiques esthétiques avec effraction cutanées, à l'exception du perçage d'oreille).

 

Ou se faire dépister ?

 

  • Dans un laboratoire d'analyses médicales ;
  • Dans un Centre de Dépistage Anonyme et Gratuit (CDAG) ou dans un Centre d'Information, de Dépistage et de Diagnostic des Infections Sexuellement Transmissibles (CIDDIST)